29.07.2008

M. Souaille: Une plume sans crédit à la solde du gouvernement colombien

Je suis sidéré avec quelle aise - en sa qualité de journaliste financé par le gouvernement colombien - M. Philippe Souaille donne des leçons de morale et jette l'anathème sur celles et ceux qui osent critiquer Alvaro Uribe, président colombien.

D'abord, dans un esprit de respect rare de la déonthologie, au deuxième paragraphe de son pamphlet, en pure diffamation, il m'attribue des propos que je n'ai jamais tenus. Je le mets d'ailleurs au défit de mettre en lien sur son blog le texte ou l'audio des propos qu'il me prête.

Ensuite, je constate que s'il fait habilement diversion et ne répond pas à la question de la violation des Conventions de Genève par les militaires colombiens, il ne conteste pas l'usage abusif de l'emblème de la croix rouge par les forces armées colombiennes. Il ne peut contester ce qui a d'ailleurs été admis par le président Alvaro uribe lui-même.

Enfin, le souci d'information complète de M. Philippe Souaille, il aurait pu rapeller à ses lecteurs que la Cour constitutionnelle de Colombie a déclaré vicié le vote de modification de la constitution ayant permis à Alvaro Uribe de briguer un deuxième mandat présidentiel. Motif: la majorité, à une voix près, a été obtenue par la corruption d'une députée et l'achat de son vote ! Belle légitimité démocratique !

Pour ce qui concerne la vérité sur la situation des syndicalistes, je renvoie à un article que j'ai publié sur mon site internet avant la découverte de l'utilisation abusive de la croix-rouge (http://www.carlosommaruga.ch/spip.php?article225). Il s'avère que tous les chiffres sont issus des pages web de Human Right Watch et d'Amnesty international.

Pour clore, je souligne - comme rappelé dans mon article en lien - que le candidat républicain à la présidence des USA - tout comme Barack Obama - a demandé à la Colombie d'améliorer concrètement le respect des droits de l'homme. Aux yeux du scribe officiel du régime colombien, Mc Cain serait-il aussi un gauchiste idéologue ?

Carlo Sommaruga
Conseiller national





15.10.2007

SIG: Déclaration publique d’élu-e-s et militant-e-s socialistes

Les récents événements qui ont secoué les Services industriels de Genève quant à la rémunération de la direction et du conseil d’administration et aux modalités de la communication à ce sujet appellent des élu-e-s et des militant-e-s socialistes à sortir de leur réserve pour réaffirmer les principes simples et clairs qui animent l’engagement socialiste en matière de gestion publique.

Nous rappelons ainsi que les socialistes :

• défendent un Etat, des entreprises publiques et des services publics forts et de qualité reposant sur une gestion efficace et irréprochable ; • défendent une gouvernance et une administration transparente ; • défendent une communication des pouvoirs publics et des entités qui lui sont liées, reposant sur la sincérité

Il apparaît que ces principes n’ont pas été respectés par les plus hautes instances des SIG. Nous le déplorons vivement, car par le refus de jouer la transparence et d’informer avec sincérité, c’est l’entreprise publique elle-même qui est mise en danger et les règles de gouvernance actuelle avec représentation politique indispensable qui sont vouées aux gémonies.

Nous rappelons l’engagement du Parti socialiste suisse et du Parti socialiste genevois, comme de ses élu-e-s et de ses membres, contre les rémunérations exorbitantes indues des conseils d’administration qu’ils soient publics ou privés. C’est dans cet esprit que les socialistes soutiennent l’initiative fédérale contre les rémunérations abusives. Nous regrettons vivement que cet engagement soit occulté par des atermoiements incompréhensibles et des déclarations contradictoires du Président du Conseil d’administration des SIG, désigné par le Conseil d’Etat et soumis à son contrôle.

Au regard de ce que nous avons appris par la presse et des déclarations successives contradictoires, notre confiance au président des SIG est anéantie.

Nous rappelons que les seuls représentants des socialistes genevois au sein du Conseil d’administration des SIG sont MM. Alberto Velasco, député, et Eric Peytremann qui disposent de toute notre confiance, lesquels rétrocèdent la part de leurs jetons de présence fixées selon les règles internes.

Les premiers signataires sont :

Carlo Sommaruga, Conseiller national ; Maria Roth Bernasconi, Conseillère nationale ; Mariane Grobet Wellner, Députée ; Alberto Velasco, Député ; Loly Bolay, Députée ;Roger Deneys, Député; Gregoire Carasso, Conseiller municipal - Ville de Genève ; Michael Paparou, Conseiller municipal - Carouge ; Francette Meyer, Ancienne Conseillère administrative - Carouge ;

11.10.2007

Constituante: Pour une participation active de la société civile

La mise en place de la Constituante genevoise entre dans une nouvelle phase. Le peuple décidera s’il veut ou non d’un processus de mise à plat et de réécriture de la loi fondamentale permettant de revisiter les structures de notre canton et de redéfinir les principes sur lesquels notre démocratie s’articule. La société civile genevoise, extrêmement riche et variée, a un rôle fondamental à jouer tant dans la campagne sur le vote du principe d’une assemblée constituante que lors des travaux de la Constituante elle-même.

 

Le monde associatif s’est dernièrement regroupé pour définir son rôle et la manière d’amener le point de vue de la société civile dans le débat. Cela est un pas important. Toutefois, si le démarrage du processus d’articulation des diverses forces sociales autour des objectifs à atteindre au travers de la Constituante est un pas symbolique important, il ne doit cependant pas cacher qu’un travail de réflexion en profondeur doit encore avoir lieu au sein de ces forces. Cette réflexion permettra aux multiples porte-paroles de la société civile d’amener un regard novateur et construit sur le jeu politique de la démocratie représentative.

 

L’entrée de la société civile dans le débat doit-elle se faire sous sa propre bannière ou alors dans le cadre des partis et forces politiques existantes. En fait, sous les deux formes.

 

Le monde associatif - laboratoire constant de la démocratie participative - lieu privilégié de la réflexion sur les thématiques aussi diverses, mais indissolublement imbriqués, que les droits fondamentaux civils, civiques et sociaux, la participation citoyenne, la protection de l’environnement, l’économie solidaire ou encore la solidarité (qu’elle soit intergénérationnelle, intercommunautaire, internationale) doit faire entendre sa voix en tant que telle. Mais essentiellement lors de la votation sur l’adoption du principe de l’assemblée constituante. Lors de ce débat, le monde associatif a la responsabilité d’affronter les résistances, plus ou moins fortes, qui existent ici et là sur les risques supposés lors de la discussion autour d’une nouvelle teneur de la Constitution. Il lui appartient de manière claire de montrer que la société ne risque pas la perte de droits acquis, mais au contraire d'avoir une opportunité unique de disposer d'une plateforme magnifique pour confronter les acteurs politiques traditionnels à une vision politique novatrice. C'est l'occasion pour la société civile organisée de faire valoir la manière dont elle envisage de relever les défis qui attende notre société, telle la participation civique de tous les habitants à tous les échelons du fonctionnement des institutions, la redynamisation de la vie civique ou encore la question de l’égalité de chances et de la solidarité internationale. Un discours novateur peut donner des impulsions fortes et surtout mobiliser des forces vives du monde associatif pour renouveler au travers du processus constituant les acteurs du monde politique.

 

Par ailleurs, le monde associatif doit s’organiser de manière à être le plus efficace possible au sein de la Constituante. La question est simple : Est-on politiquement plus performant par le lancement d’une liste de "candidats-constituants" du monde associatif ou par l'inscription de ces constituants potentiels de la société civile sur les listes des partis.

 

La deuxième option est celle qui manifestement offre le plus de perspectives et d’opportunités pour influer la réécriture de la Constitution. En effet, en étant présente au sein des diverses forces politiques qui ouvriront leur listes, la société civile pourra jouer un rôle d’ouverture du débat au sein même des forces politiques traditionnelles au moment même de l’élaboration de l’opinion. La société civile organisée autour d’une liste propre se retrouvera à affronter en commission ou en plénière des groupes politiques aux positions le plus souvent déjà articulées. L’effet de levier politique en faveur de l’innovation institutionnelle et de nouvelles idées sera ainsi nettement moindre.

Dans l’option à privilégier, les constituants de la société civile, quelque soit le groupe politique dans lequel ils se retrouveront, devront réfléchir ensemble et travailler en réseau pour relayer dans les différents groupes politiques une vision cohérente et pour éviter que progressivement leur spécificité ne s'émousse.

 

Il en découle deux conséquences : d’une part il est indispensable que le monde associatif agrège le plus de forces sociales possible et que des structures même légères structure celui-ci dans la perspective de la constituante regroupement, d’autre part il est impératif que les partis traditionnels de tous bords s’engagent à ouvrir leur liste aux représentants de la société civile.

 

Par cette double dynamique, la démocratie sortira renforcée du processus constitutionnel.